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Cogénération - La cogénération pour pérenniser les entreprises

Delphine Cordaz
Le 16/05/2023 à 15:04 I Soyez le 1er à déposer un commentaire
Cogénération - La cogénération pour pérenniser les entreprises

En produisant de la chaleur pour ses serres, Jean-René Briand, maraîcher à Basse-Goulaine (44), revend l’électricité générée. Un système qui permet de rester compétitif

En 2012, Jean-René Briand a fait le pari de la cogénération pour alimenter en chaleur ses serres de tomates. Aujourd’hui, non seulement il ne le regrette pas mais il est persuadé que la pérennité de son entreprise doit beaucoup à cet investissement. « La cogénération a sauvé nos entreprises. Sans, on ne serait plus là », affirme le maraîcher de Basse-Goulaine (44). En 2001 il a repris l’entreprise et a implanté sa première serre en verre et une seconde plus récente en 2016, plus haute (7 m) pour atteindre un parc de serres de 4 ha. Sa cogénération produit deux mégawatts, alimentée par du gaz naturel. Elle génère de l’eau chaude qui apporte de la chaleur dans les serres par un réseau de tuyaux. Une première rangée de tuyaux est située en bas de la serre (au-dessus du sol) et un autre plus près des pains de laine de roche où les plants de tomates se développent. En parallèle, le système de cogénération permet de générer de l’électricité qui est renvoyée dans le réseau, ce qui constitue une rémunération, même si la hausse du prix du gaz a réduit considérablement la rentabilité du procédé. 

La cogénération de Jean-René Briand permet d’introduire dans le réseau EDF l’équivalent d’une consommation de plus de 2 000 foyers, grâce à ses 4 ha de serres. Son contrat de revente obligatoire avec EDF OA dure douze ans. Ensuite, il pourra vendre son électricité sur le marché libre. Aujourd’hui, sa cogénération fonctionne du 1er novembre au 31 mars, pour une totale consommation de la thermie pour ses serres. Avec la fin de son contrat EDF, il sera maître de sa gestion, et pourra jongler entre les besoins de ses serres, le tarif du gaz et celui de l’électricité. Mais, pour cela, il faut sans cesse observer les cours de l’électricité. « C’est un autre métier », confie Jean-René Briand. Grâce à son organisation de producteurs Ydeal, « nous avons un Monsieur énergie qui analyse quand démarrer ou pas la cogénération. Il a le nez dedans toute la journée, il faut surveiller toutes les heures. Il y a plusieurs facteurs à analyser et cela demande du temps ». De la même façon, le maraîcher a signé un contrat avec une entreprise qui gère la surveillance et la maintenance de la cogénération. « Dans ce contrat, l’entreprise s’engage à intervenir dans les deux heures en cas de problème. »

Produire des tomates plus tôt

Ecrans thermiques, serres de plus en plus étanches, pilotage informatique, récupération d’eau (les 30 % non consommés par le pied de tomate sont récupérés et retournent à la source), sondes hygrométriques, analyse des températures et des arrosages… Les serres sont remplies de technologies. La cogénération apporte sa pierre à l’édifice, avec ses atouts (économie énergétique, simplicité à mettre en place, indépendance vis-à-vis des conditions météos), dans un but : produire des tomates plus tôt dans la saison pour éviter la concurrence des tomates étrangères qui arrivent en masse aux beaux jours. Jean-René Briand a orienté sa production vers des tomates grappes et cocktail. « On est obligé de planter en hiver pour fournir des produits français au printemps en quantité suffisante. Avec la cogénération, on a la chaleur qui manque pendant l'hiver mais la lumière reste le facteur limitant. On a aussi besoin de la chaleur car elle permet d’éviter les maladies. Même l’été, on chauffe un tout petit peu le matin pour activer les plantes afin qu’elles soient performantes contre les maladies. » 

Jean-René Briand réfléchit à l’étape suivante en lien avec la cogénération. Celle-ci produit du CO2, aujourd’hui perdu, mais qui est utile en serre pour le développement des plantes, sous forme de CO2 liquide. Mais l’investissement est onéreux et les normes inhérentes sont également un frein. 

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Des serres chauffées à l’énergie fatale

Jean-René Briand avec deux de ses collègues Ydeal (Yannick Lechat et Stéphane Gaborit) ont investi dans la création de 4 ha de serres qui ont produit en 2022, 3 ha supplémentaires sont en projet pour une production 2024. Elles ont été installées sur la commune de Lasse, en Maine-et-Loire, à 100 mètres d’un incinérateur de déchets. L’énergie fatale produite par les fours sert notamment à chauffer un réseau de chaleur. L’eau atteint 50°C toute l’année. Elle circule via des tuyaux dans les serres.

   

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