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Culture : Pyrales et sésamies, des méthodes pour observer les vols

Le 09/05/2023 à 17:03 I Soyez le 1er à déposer un commentaire
Culture : Pyrales et sésamies, des méthodes pour observer les vols
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Le suivi des vols de foreurs est important pour connaître le ou les foreurs présents (pyrales et/ou sésamies) dans la parcelle, décider de la nécessité d’une intervention, et positionner au mieux la lutte pour maximiser son efficacité.

En culture de maïs, les deux ravageurs principaux sont la pyrale et la sésamie. Il s’agit de deux papillons de nuit dont les larves se développent dans les tiges et les épis de maïs. Leur présence dans les tiges perturbe l’alimentation de la plante et favorise la verse alors que leur présence dans les épis peut être une porte d’entrée à la fusariose (risque mycotoxines). Les impacts sur le rendement du maïs peuvent aller jusqu’à 30 q/ha. 

Jusqu’en 2016, les sésamies n’étaient que très rarement observées au nord de la Loire. Mais, avec le changement climatique et les hivers plus doux des dernières années, les larves de sésamies résistent mieux à l’hiver dans le nord de la région : la sésamie progresse vers le nord de la région et est aujourd’hui observée en Sarthe et en Mayenne de façon fréquente. Dans le sud de la région, la sésamie supplante souvent la pyrale qui se fait plus discrète ces dernières années. 

Intérêts de suivre les vols de foreurs au printemps 

Observer et dénombrer ces ravageurs en parcelle permet d’identifier le ou les ravageurs présents et de positionner la lutte au plus juste pour qu’elle soit efficace. Dès la mi-avril, les vols de pyrales et de sésamies peuvent se déclencher. Dans la région, on assiste fréquemment à deux vols de pyrales et deux vols de sésamies entre mai et août.

Les moyens de luttes peuvent différer en fonction du foreur présent. Les trichogrammes (insectes parasites d'œufs de pyrales), par exemple, peuvent être lâchés dans les parcelles, mais ils ne sont efficaces que vis-à-vis de la pyrale et n’ont aucune action sur les sésamies. 

Le positionnement de l’intervention est primordial. Il doit être précis pour être efficace. La lutte est principalement ovicide (avec les trichogrammes pour la pyrale) ou larvicide et vise les stades baladeurs des foreurs. 

Il est donc primordial de suivre les vols pour déterminer leurs pics et les périodes de pontes et d’émergence des larves. Pour cela, plusieurs méthodes ont été testées dans le cadre du projet Perfor. 

Utilisation de pièges à phéromones 

Les pièges à phéromones sont les plus utilisés. Il s’agit de pièges rendus attractifs par une capsule de phéromones femelles identiques à celle du foreur ciblé (pyrale ou sésamie). Ainsi, les mâles passant dans un rayon de plusieurs dizaines de mètres autour du piège sont attirés, capturés puis dénombrés. Les variations de capture permettent de déterminer le ou les pics de vols (moment où le papillon est le plus présent et où la ponte débute). La forme du piège peut jouer sur les captures. Ainsi, le piège Tipi a été le plus performant pour capturer les papillons par rapport aux pièges delta ou bol plus classiquement utilisés. 
 

Utilisation de pièges lumineux 

Des pièges lumineux peuvent aussi être utilisés. Le piège placé à proximité directe d’une parcelle de maïs produit de la lumière ce qui attire les insectes actifs la nuit. Les pyrales et sésamies, ayant une activité nocturne, se retrouvent attirées par la source lumineuse puis piégées dans un récipient situé dans le piège. Le piège lumineux est très efficace mais il n’est pas sélectif et attire l’ensemble des insectes nocturnes. L’observateur doit alors trier puis identifier les insectes piégés. La phase de tri, primordiale, est chronophage et demande de bonnes connaissances des caractéristiques morphologiques des foreurs recherchés. Ce type de piège est donc peu utilisé par les conseillers agricoles et les agriculteurs. Il n’a pas été utilisé dans le cadre du projet Perfor.

Fabrication et utilisation d’une cage à émergence 

Une autre méthode de suivi des vols de foreurs est l’utilisation de cages à émergence. Le principe consiste à prélever à l’automne des cannes infestées de larves dans une parcelle de maïs, à les stocker tout l’hiver dans une boîte en extérieur, puis, dès mi-avril à dénombrer les papillons qui émergent chaque jour dans la cage. Le projet Perfor a permis de valider un protocole de fabrication et de suivi de ces cages à émergence qui peuvent être fabriquées « maison » à l’aide d’une caisse en plastique avec couvercle sur laquelle sont percées des ouvertures protégées de moustiquaire pour éviter que les papillons ne sortent de la boîte au printemps. Retrouvez la vidéo du protocole détaillé de fabrication et de suivi d'une cage à émergence  : https://youtu.be/ZEwRXb-F1qU

Réseau de suivi en Pays de la Loire 

Plus d’une cinquantaine de pièges à phéromones et quelques cages à émergence sont suivis chaque année dans le cadre de la Surveillance biologique du territoire. Les remontées de ces suivis (courbes de vols) sont consultables dans les Bulletins de santé du végétal (BSV) chaque semaine (consultation et abonnement gratuits). 

Réaliser des comptages larvaires pour anticiper la pression de l’année N+1 

Juste avant la récolte du maïs, il est recommandé de réaliser un comptage des larves dans ses parcelles pour connaître la pression pour l’année N+1. L’objectif est de disséquer 25 cannes prélevées dans cinq zones de la parcelle (cinq cannes dans chaque zone, éloignées les unes des autres et des bordures). L’observateur compte le nombre de larves par pied dans les tiges et les épis et identifie les larves (pyrales et/ou sésamies). Les tiges doivent être observées dans toute leur longueur car les larves ont tendance à descendre au niveau du collet en fin d’été pour se préparer à passer l’hiver dans le bas de la tige. On considère qu’au-delà de 0,8 larve de sésamie par plante ou 0,5 larve de pyrale par plante, le seuil de nuisibilité est atteint pour la campagne suivante. Le projet Perfor a produit une fiche d’identification des larves pour vous aider à faire ce suivi. 

Des méthodes préventives pour réduire la pression foreurs 

Le broyage fin et l’enfouissement des résidus réduit les risques foreurs pour l’année suivante. En effet, ces actions détruisent une partie des larves et en exposent d’autres aux prédateurs, aux pathogènes et au froid. 

Alexia BARRIER – Chambre d’agriculture Pays de la Loire

   

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