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Loire-Atlantique - Vives réactions de la part des représentants locaux

Estelle Bescond, Journaliste LAA // 06.45.70.36.68
Le 04/11/2022 à 11:00 I Soyez le 1er à déposer un commentaire
Loire-Atlantique - Vives réactions de la part des représentants locaux
©préfecture des Deux-Sèvres

Les responsables agricoles locaux font part de leur indignation suite aux événements de ce week-end dans les Deux-Sèvres et affirment leur soutien à la FNSEA 79.

Gaël Drouet, en charge du dossier Eau à la FNSEA 44

« Il faut qu’on travaille en bonne intelligence »

 « J’ai l’impression qu’on a déjà vécu ça en Loire-Atlantique ! Des gens qui ont pour principe d’être anti-tout. Ils n’ont pas trop d’arguments sinon de ne pas être d’accord. Il faut que les gens comprennent que l’eau est essentielle pour tout le monde, qu’il faut la récupérer l’hiver pour s’en servir l’été. C’est juste du bon sens. Il y a un problème de communication. Le mot œbassine” n’est pas le bon mot. Comme c’est un projet collectif, pour diminuer les coûts, la réglementation impose des réserves bâchées. Mais on préfère des retenues collinaires qui permettent le développement de la faune et la flore. À force de pousser à des exagérations techniques, on en arrive là. Aujourd’hui, on parle de décarbonation. Mais cet été, à part les haies et le maïs, rien n’a décarboné ! Les prairies étaient cramées. Il faut des projets à l’échelle des exploitations. Aujourd’hui, les préfets des cinq départements ont prolongé la période d’interdiction d’étiage jusqu’au 30 novembre. Je mets en garde, il faut du temps pour remplir les retenues. On verra, mais il faudra peut-être ne pas interdire l’arrêt du pompage au 1er avril. Il faut qu’on travaille en bonne intelligence. » 

Charles Guerlais, responsable de la section Environnement à la FNSEA 44

« Si on faisait la même chose, on se ferait lyncher »

« On voit qu’il y a deux poids deux mesures. Nous, on applique la loi et d’autres font l’inverse. On voit des députés là-bas, avec des mouvements anarchistes ! Mais qu’est-ce qu’on veut pour l’agriculture ? J’ai pris une photo de ma prairie, à un endroit où il n’y a plus d’herbe, c’est l’hécatombe pour les agriculteurs. Si on avait des retenues d’eau chez nous, on sauverait l’élevage. Aujourd’hui, dès qu’on veut créer des retenues d’eau, tout est compliqué. Mais si on veut maintenir les rendements, améliorer la qualité des fourrages… il faut de l’eau. Ça fait mal au cœur de voir ce qu’arrive à faire une minorité de personnes. On leur donne beaucoup trop d’importance, ce sont des gens qui n’y connaissent rien à l’agriculture. J’ai vu sur les réseaux sociaux qu’ils confondaient semis et plants ! Et on laisse ces hurluberlus faire ça ! Si on faisait la même chose, on se ferait lyncher. »

Nicolas Favry, responsable de la section Grandes cultures de la FNSEA 44

« Tout est fait pour que les dossiers n’aboutissent pas »

« C’est du grand n’importe quoi ! On laisse tout faire du moment que les gens sont violents. Je n’ai plus l’impression d’être en démocratie. Quand on est des professionnels, on dépose des dossiers et une poignée de gens peut décider de ce qui se fait ou pas. Ça ressemble plus à une dictature. Et je ne vois pas l’État faire grand chose. On a vu des drapeaux d’un syndicat agricole. On a le droit de ne pas être d’accord mais déterrer des canalisations, les saccager…! Pourtant, on a de plus en plus besoin d’eau si on veut garder une production et des prix alimentaires maintenus. Nous, on a des barrages à côté de chez nous et les collectivités ne manquent pas de mettre des panneaux pour signaler la présence de biodiversité. Pourtant, les barrages sont contestés. C’est sûr, on sacrifie un peu au début pour avoir plus de biodiversité après. Aujourd’hui, certains voudraient tout sanctuariser mais ce n’est pas la solution. Le ministre dit oui aux retenues d’eau mais avec l’Administration, il y a toujours un truc qui ne va pas et c’est impossible d’aller jusqu’au bout des dossiers. Tout est fait pour que les dossiers n’aboutissent pas et quand ils aboutissent, des groupuscules arrivent. Là, on donne raison à ceux qui ne respectent pas la loi. »

Marina Perrinel et Valentin Gledel, co-présidents des JA 44

« On ne peut pas démolir des outils entre éleveurs »

« C’est inadmissible d’aller à l’encontre de ce projet alors qu’on parle de souveraineté alimentaire. Avec le climat de demain, on aura besoin de s’adapter. Il ne faut pas confondre réserve d’eau et bassines comme on l’a entendu. Nous dénonçons la position de la Confédération paysanne. On ne peut pas démolir des outils entre éleveurs. »

Mickaël Trichet, président de la FRSEA Pays de la Loire et de la FNSEA 44

« Ils ont franchi la ligne rouge »

« Quid de l’expression syndicale qui détruit le travail des agriculteurs, qui s’associe avec des extrémistes environnementaux qui usent de violence, de répression… ça n’a plus rien à voir avec l’action syndicale. Il y a eu le temps du débat, les projets ont toutes les autorisations, mais quand on cautionne les saccages de parcelles de blé, qu’on remet en cause la représentativité des structures, qu’un syndicat s’associe avec l’ultra-violence… Là, il faut arrêter !

Quid, au-delà des responsabilités, de la République qui a été malmenée. Des femmes et des hommes politiques, élus, qui servent la République, et qui prônent la désobéissance civile… Où sont les limites ? Si demain, j’ai un contrôle de la DDTM, que fait-on ? On met le tracteur en travers pour les empêcher de travailler ? Qu’on puisse bafouer les droits et les devoirs est inacceptable.

Je m’associe à mes collègues des Deux-Sèvres qui ont vu leurs exploitations être le théâtre d’affrontements. On a assez de soucis dans nos métiers pour ne pas avoir à subir ça en plus. Lundi matin, je les ai appelés pour voir leur moral. On n’est pas agriculteurs pour vivre des choses pareilles !

Il y a une frange de la profession qui ne représente plus rien. Je mets en doute une structure syndicale qui s’associe à des gens ultra-violents. Ils ont franchi la ligne rouge. J’en appelle à la bienveillance de la Justice, il faut que les traitements soient exemplaires. Il ne faudrait pas qu’il y ait deux poids, deux mesures. On a eu des collègues en Ile-de-France mis en garde à vue, humiliés, mis en sous-vêtements, car ils ont manifesté face au Conseil d'État. »

Anthony Moreau, secrétaire général de la FNSEA 44

« L’agriculture n’est pas à la traîne »

« En réaction aux manifestations de ce week-end, j’apporte toute ma solidarité et tout mon soutien aux agriculteurs qui ont subi un véritable traumatisme avec l’invasion de leurs champs, les dégâts subis sur leurs cultures et l’impossibilité de pouvoir exercer leur travail. Leur réaction a été très digne et sans heurt contrairement aux agissements des manifestants. La tentation de tomber dans la surenchère est forte. Même s’il ne faut rien lâcher et ne rien laisser passer, il est indispensable que les condamnations de ces agissements criminels émanent des institutions de notre pays. Nous sommes dans un État de droit ! Les projets de réserve portés par la Coop de l’eau du 79 et son président Thierry Boudeau ont été présentés et menés dans la concertation. Dans le contexte du changement climatique, le stockage de l’eau permet d’équilibrer le manque d’eau en été et les excès d’eau en d’autres saisons. Au sein des territoires, il faut poursuivre le Varenne de l’eau en réalisant des PTGE (Projets de territoire pour la gestion de l’eau). Chaque territoire a ses particularités qu’il faut prendre en compte. Les zones de plaine calcaire sont différentes des zones de bocage où des réserves collinaires en argile avec des digues sont possibles. La désinformation relayée ce week-end n’est pas tolérable. L’agriculture n’est pas à la traîne et travaille depuis longtemps déjà pour une meilleure gestion de l’eau. Plusieurs éléments doivent être rappelés : les projets sont collectifs avec des répartitions de volume d’irrigation pour un plus grand nombre d’agriculteurs, les prélèvements agricoles sont en baisse, le remplissage des réserves à partir des nappes phréatiques est possible uniquement quand l’eau est en surplus et à partir d’un niveau qui n’impacte pas le milieu naturel. La substitution permet d’ailleurs d’augmenter de 5 à 6 % le débit des cours d’eau en période estivale pour une diminution de 1 % seulement l’hiver. Des rapports scientifiques du BRGM le démontrent. »

   

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