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Magazine - Endurant dans la tête et les jambes

Le 13/11/2023 à 17:00 I Soyez le 1er à déposer un commentaire
Magazine - Endurant dans la tête et les jambes
@MARTIAL BOUVIER

Martial Bouvier pratique la course à pied longue distance. Une discipline exigeante qui a forgé sa capacité de résistance au niveau professionnel.

Il a la précision d’un chronomètre ! Martial Bouvier se souvient de sa position lors de ses courses longues distances, à des points clés. Peut-être parce qu’il a été formé à l’école des sciences. « J’ai suivi des études générales qui m’ont apportées des notions dans plusieurs domaines. On est des autodidactes en agriculture, ce qui fait qu’on se pose beaucoup de questions pour s’améliorer », note l’éleveur laitier, basé à Fégréac.

Tombé dans la marmite sur le tard

Complètement atypique ! Martial a commencé la course à pied presque par hasard. « En 2015, ma fille Clémence était en vacances à la maison avec sa correspondante allemande. On a commencé à courir trois quarts d’heure tous les deux ». À 51 ans, l’agriculteur découvre que cette pratique sportive lui va bien… et décide de se tester sur des semi-marathons. Dès septembre de cette même année, il s’aligne sur une première épreuve, avec un temps de 1h57. Il se pique au jeu, et seulement quatre semaines plus tard, il récidive sur un deuxième semi-marathon. 1h44 ! Sans nul doute, Martial a des aptitudes pour les courses de fond. Alors, il décide de pousser le bouchon plus loin, vers la mythique course du marathon. Seulement sept mois après son premier semi-marathon en compétition, il s’inscrit au marathon de Nantes, en avril 2016. L’objectif est simple, le terminer et si possible avec un chrono honorable. Mission réussie, mais suffisante ? Martial s’astreint à un entraînement rigoureux. Pas très loin de la ferme, il lorgne vers le marathon de Vannes, en septembre 2016… et se présente sur la ligne de départ et franchit celle d’arrivée ! 

Sans véritable référence sur ses limites, Martial veut oser les étapes suivantes. « J’ai voulu pousser le curseur plus loin. Après le semi, le marathon, pourquoi ne pas tenter le double marathon ? », s’enthousiasme l’agriculteur. 

Arrêt forcé… temporaire

La faute à pas de chance. Le départ en trombe vers l’étape supérieure a été contrarié. Fin janvier 2017, alors qu’il taillait une haie, il a coupé en deux un nid de frelons asiatiques. Les séquelles des piqûres l’ont empêché de poursuivre sa marche en avant. Puis, le temps a fait ses réparations et Martial s’est fixé un nouvel objectif : le marathon de Paris en avril 2018. Il a donc neuf semaines pour se préparer ! Avec la rigueur d’un athlète, il se concocte un programme d’entraînements, à hauteur de quatre séquences par semaine. La course contre la montre est lancée pour faire partie des 42 000 marathoniens de l’épreuve de la capitale. Il se lance dans le groupe de départ qui vise un chrono de 3h45… et termine avec un temps de 3h34. « J’avais un objectif de 12km/h et j’ai couru à 11,9 km/h. J’étais content de terminer dans les 15 premiers pourcents ». Et Martial se paye même le luxe de tailler la bavette en plein marathon ! « Je discute en courant, avec les autres coureurs ou les spectateurs ! Pendant le marathon de Paris, j’ai échangé avec des Anglais durant quelques kilomètres, au niveau de la rue de Rivoli », sourit-il. Le sportif découvre les vertus de la course : « ça vide la tête quand on a des soucis, ça permet de relativiser les choses par rapport au travail. Quand je cours la nuit, j’entends mieux la nature, c’est mon moment. Je suis surpris d’avoir pu faire ça à 50 ans passés. Si tu le veux vraiment, il faut y aller mais il faut aussi s’écouter si le corps atteint ses limites, il faut être raisonnable, surtout à l’entraînement. Et puis, en course, les gens sont bienveillants, tu fais des connaissances. C’est une ouverture, dans la bonne humeur, sans esprit de compétition ». 

Enfin les longues distances

Après cette « remise en jambes », Martial a pu reprendre sa progression où il l’avait laissée temporairement : les longues courses. En septembre 2018, il lorgne vers les 100 km de Millau, dans l’Aveyron, seulement deux ans après son premier semi-marathon en compétition officielle ! « Chaque course est une histoire. Au 42e km, je suis 500e. Je décide d’accélérer. Au 72e km, je remonte à la 210e place ». Mais tout compte sur ces distances, bien sûr la gestion de son effort, l’hydratation, l’alimentation… jusqu’au détail. Un pain avec des graines ingéré, auquel le corps de Martial n’est pas coutumier, provoque un désordre et l’éleveur galère mais franchit la ligne d’arrivée en 460e place, dans le premier tiers des coureurs. « Ce n’est pas mon principe de lâcher le morceau, mais il faut rester modeste », ajoute-t-il. Après le marathon de Nantes en 2019, Martial a bien envie de se retester sur une longue course. Ce sera l’épreuve « Ultra-marin » qui longe le golfe du Morbihan, sur 89,9 km. Martial se connaît, il fait sa course. 320e au 48e km, il prend le temps de s’alimenter. 250e au 65e km. La remontée se poursuit, 178e au 78e km… pour terminer à la 169e place sur un millier de participants qui ont fini l’épreuve et le 32e en master. « C’est une course contre soi-même, il faut avoir de la volonté et se fixer ses objectifs », dit-il. 

Puis, l’année du covid, où il cumule 991 km d’entraînement pour préparer l'Ultra Marin de 177 km, est aussi celle du genou qui commence à demander grâce ! Un début d’arthrose l’empêche de courir en 2020… « J'ai appris à mes dépens qu'il fallait faire plusieurs activités en parallèle pour soulager certaines parties du corps particulièrement sollicitées ».  En septembre 2021, il s’aligne sur le marathon de Vannes, comme une préparation grandeur nature à une nouvelle édition des 100 km de Millau, en septembre 2022. 2 000 « fous » se lancent avec lui. Comme à son habitude, Martial grapille des places au fur et à mesure. 800e au 42e km, et 608e sur la ligne finale, dans le premier tiers. « Le corps a des aptitudes importantes mais il faut s’aménager des périodes de récupération », préconise-t-il. 

Depuis, Martial a mis un peu le holà. Le nouveau papi a encore cinq ans à travailler, « j’ai besoin de mes jambes ! Je n’ai rien fait d'exceptionnel, beaucoup pourrait faire de même. Il est important que chacun trouve l'activité qui lui convient, sportive ou non », conseille-t-il.

Allez, ça le titille quand même, « pourquoi pas une distance intermédiaire en 2024 ! », glisse-Martial.

Delphine Cordaz 
 

 

Martial Bouvier, éleveur laitier

Martial Bouvier est installé en Gaec avec quatre associés (ses trois frères et son neveu). La ferme comprend 135 prim’holsteins et des cultures (prairies permanentes, herbe, dérobés…). En 1999, l’exploitation passe au sans-labour, et augmente les surfaces en semis direct. Depuis dix ans, le Gaec réalise ses propres inséminations. Afin d’aménager le temps de travail (chaque associé dispose de trois week-ends sur quatre), un effort a été fait sur la robotisation (racleur, robots de traite, pousse-fourrage). 

 

   

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