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Pays de la Loire - L’augmentation des coûts de production déstabilise l’ensemble des filières agricoles

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Le 04/05/2022 à 10:30 I Soyez le 1er à déposer un commentaire
Pays de la Loire - L’augmentation des coûts de production déstabilise l’ensemble des filières agricoles

Le point avec la section Grandes cultures.

L’inflation des matières premières n’a jamais été aussi importante. Quelles conséquences sur les productions de céréales à paille ?

Dans un premier temps, il faut comprendre que les équilibres nationaux et internationaux ont été rompus. Le conflit russo-ukrainien a aggravé une hausse du prix des matières premières déjà présente depuis 2021. Elle entraîne une augmentation des charges qui impacte l’ensemble des filières agricoles, animales ou végétales, depuis les vendeurs d’aliments ou de semences jusqu’à la grande distribution en passant par les éleveurs et céréaliers.
Les engrais azotés sont les intrants ayant connu la plus forte hausse : « 117,4 % sur un an », d’après Agreste. Un prix record de 1 000 € la tonne d’ammonitrates a été atteint il y a quelques semaines. Si le prix de la tonne se situe aujourd’hui davantage autour de 800 €, il reste conséquent et accroît les charges de production des céréaliers de manière conséquente. L’unité d’azote coûte environ 1,80 € (soit +1 € par rapport à d’habitude), ce qui représente un coût de revient à l’hectare d’environ 50 € pour une tonne de blé, pour un rendement moyen de 80 q/ha.
À cette hausse du prix de l’azote, il faut ajouter celle du GNR : près de 50 centimes le litre. Le coût de revient total de la production d’une tonne de blé est ainsi de 250 €, contre environ 180 € en temps normal. Le tout sans compter les charges fixes (comme le fermage ou les assurances).
Heureusement, pour l’instant la tonne de blé se négocie à 350 €, la culture reste rentable. Quid de la valeur de la tonne d’ici la récolte ? Les experts émettent quelques réserves quant au maintien du prix de la tonne de blé. En effet, l’incertitude autour du conflit russo-ukrainien peut influer sur les cours à tout moment. Par exemple, la semaine qui a suivi l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la tonne de blé avait grimpé de + 100 €. Elle pourrait diminuer d’autant selon l’évolution du conflit.
Un autre facteur entre en ligne de compte : la diminution actuelle du prix du pétrole en raison du reconfinement de la Chine. Le cours des céréales suit celui du pétrole et pourrait baisser et entraînerait avec lui celui des engrais azotés, diminuant ainsi de 200 à 300 € /t. L’évolution des cours reste donc très incertaine pour le moment.
Ce qui est certain en tout cas, c’est que des pays, comme l’Argentine ou la Russie, vont vendre moins de blé qu’à l’accoutumée pour en garder sur leur territoire, entrainant avec les baisses de rendements à venir chez nous un recul du blé en circulation de 40 millions de tonnes à l’échelle mondiale pour cette année.


Face à la hausse du prix des engrais azotés, certains agriculteurs pourraient être tentés de fertiliser moins. Est-ce pour cela qu’il pourrait y avoir moins de rendement cette année en France ?

Tout dépend à quel moment le céréalier a acheté son engrais. Si l’engrais a été acheté il y a un an, son prix est amorti et il est intéressant de fertiliser normalement. A l’inverse, si l’achat date de quelques mois, il peut s’avérer judicieux en effet de réduire un peu la dose d’azote apportée à la culture du blé. Dans tous les cas, il faut rester vigilant à ne pas trop diminuer ses apports au risque de faire diminuer le taux protéique, ce qui risquerait d’altérer la qualité du blé et entraînerait une moins bonne valorisation. Ou pire, une perte de rendement. Il se pourrait donc que les quantités produites en France soient un peu moins importantes que les autres années.

Y a-t-il d’autres cultures mises sous tension en ce moment ?

L’autre culture très impactée est le maïs grain, bien que notre région soit un peu moins concernée que d’autres. La hausse des charges pour cette culture s’explique notamment par l’utilisation de gaz pour la sécher, soit une hausse de 60 €/t pour un maïs de 95q/ha. Dans le cas d’un maïs irrigué, le coût de l’électricité pour faire tourner les pompes diminue encore l’intérêt d’en semer pour cette année. D’autant plus que le maïs grain subit les répercussions de la grippe aviaire : la demande en aliments des éleveurs est en chute libre.
Les cultures de printemps gourmandes en azote, comme l’orge de printemps, ont été un peu plus délaissées cette année au profit du tournesol qui atteint des prix record.
Enfin, concernant les oléoprotéagineux, la production de soja risque de ne pas être au rendez-vous cette année en raison de la sécheresse survenue au Brésil.

Les cours du tournesol sont en effet très hauts : un peu plus de 800€/t ce qui devrait pousser des agriculteurs à semer et pourtant on nous annonce une pénurie éventuelle. Qu’en est-il ?

A partir de la graine de tournesol se produisent deux types d’huiles : oléique et linoléique. Chez nous, on produit beaucoup d’huile oléique. En revanche, l’huile linoléique, la standard, est importée d’Ukraine. Donc produire du tournesol est intéressant financièrement. Les semenciers ont d’ailleurs fait savoir qu’ils avaient vendu plus de tournesol qu’à l’accoutumée. Cependant, il manque d’agriculteurs multiplicateurs pour faire de la réplication de semences car la multiplication est moins intéressant : elle est moins bien valorisée et les rendements sont moindres. La France importe normalement un quart de ses semences d’Ukraine. Tous ces paramètres font craindre aux experts une pénurie de semences de tournesol en 2023.

Marie Hilary


 

   

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