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Semis - Ne pas forcer les semis ni semer dans de mauvaises conditions

Le 27/10/2023 à 10:45 I Soyez le 1er à déposer un commentaire
Semis - Ne pas forcer les semis ni semer dans de mauvaises conditions

La météo de ces dernières semaines avait de quoi donner bon espoir aux agriculteurs qui achevaient les semis de ray gras, méteils en très bonnes conditions et s’apprêtaient à lancer leurs semis de céréales. Mais les premières pluies importantes du 18 octobre ont contrarié leur projet. Tour d’horizon sur les semis en Loire-Atlantique, avec Bénédicte Bazantay, conseillère à la chambre d’agriculture Pays de la Loire.

Les premiers semis de céréales (blé tendre d’hiver) ont à peine débuté la semaine dernière : un constat fait en Loire-Atlantique par Bénédicte Bazantay, conseillère Céréales à la chambre d’agriculture Pays de la Loire. « Et encore, cela concerne les semis directs ou ceux avec un travail du sol ultra-simplifiés en un passage, par exemple un coup de fissurateur et derrière un coup de herse rotative et semoir ! »

La conseillère estime, avec prudence, à à peine à 30 % de la surface aujourd’hui emblavée, alors que l’an passé, les semis engagés dès le 15 octobre s’étaient achevés rapidement, en quelques jours, avec des conditions optimales pour semer.

En 2023, rien de comparable : « Beaucoup pensaient commencer à partir du 23 octobre. Vu les cumuls météo que l’on a eus et ceux annoncés pour les dix jours à venir, les chantiers de semis vont s’arrêter. Cela va être plus difficile maintenant. Les agriculteurs sont encore un peu traumatisés : ils se rappellent les semis de l’automne 2019 – très cataclysmiques, avec de la pluie de la fin octobre jusqu’à Noël et ils ne savent pas trop quoi faire. »

Car du 23 octobre au 5 novembre, on est dans la fenêtre de semis idéale des céréales pour le secteur. La météo annoncée à dix jours, avec ses averses et pluies qui nous viennent de plusieurs queues de dépression, n’incite guère à planifier des chantiers de semis, qui, une fois engagés ne devraient pas être interrompus (dans l’idéal).

Les conséquences possibles du décalage

Il y a deux options possibles : « soit on laisse passer les dix jours de pluie et on verra après (mais on s’angoisse pendant ce temps-là). Soit on accepte de fractionner ses semis et on fait, au jour le jour, ce que l’on peut faire, sans jamais essayer de forcer. La première option est plus délicate car à dix jours, on ne sait pas s’il fera beau après. Mieux vaut privilégier la seconde, en se disant qu’il y aura toujours des écarts en fonction des secteurs et des types de sols (sableux, ou plus limoneux, plus argileux). »

Depuis mercredi 18 octobre, il est tombé entre 80 et 100 mm d’eau. « Il faut que cela se ré-égoutte. Si derrière, il y a quelques millimètres de pluie qui tombent encore un peu tous les jours, ça ne fera pas de grosses différences et ça ne changera pas la donne. En revanche, si c’est du 30 à 40 mm qui s’abat derrière, ce n’est plus possible et il faut tout arrêter », constate la conseillère.

Le plus sage est d’avancer au jour le jour en fonction de la météo annoncée sans chercher à faire des hectares et des hectares et peut être aussi accepter de revoir sa technique de semis. Ceux qui ont ressorti la charrue dimanche dernier ont fait du très bon boulot lundi et mardi avant que les 30 mm de mardi 24 ne viennent les arrêter à nouveau !

Avec ce type de stratégie, les semis risquent de se terminer au 15 novembre voire au-delà mais en soi, ce n’est pas un drame et, au moins, ça lisse les risques climatiques à venir.

Cependant, les conséquences de ce décalage de semis sont prévisibles : cela peut faire changer les densités de semis, voire faire que les précocités de variétés ne soient plus tout à fait adaptées. « De plus, changer de variété de semences n’est pas toujours facile auprès des fournisseurs et d’ailleurs, beaucoup d’agriculteurs font leurs lots de semences à la ferme et donc ils sont déjà prêts. »

En attendant, pas de panique : « Si on a une belle fenêtre de beau temps, même fin novembre, il sera encore tout à fait temps de semer des céréales », conclut la conseillère.

Yvelise Richard

 

On s’est lancé… ou pas !

Alexandre Fricaud, de Saint-Vincent-des-Landes, a lancé ses semis d’automne très tôt, dès le 7 octobre. Pour ce producteur, qui travaille en solo sur 90 ha de céréales, le mauvais souvenir de l’automne 2019 est encore très présent. « J’ai des parcelles hétérogènes, avec des drainées et des non drainées. J’essaye de commencer avec les « mouillards » (parcelles non drainées). J’en avais semé environ 60 %, avant la période pluvieuse, en blé et en orge, sur des terrains ayant connu tournesol, couverts, colza et couverts. Aujourd’hui, il ne me reste qu’une parcelle de 7,5 ha à semer, un peu plus saine. »

En revanche, il n’est pas prêt de finir ce dernier semis, la pluviométrie révélant déjà 100 mm d’eau, tombée depuis le début de la semaine, et les prévisions en annonçant 50 mm de plus.

La seconde raison pour laquelle l’exploitant agricole a pu commencer son ouvrage plus tôt, c’est qu’il est en semis direct, sans travailler le sol.  « Ou très peu ! ».

Dans un autre coin de Loire-Atlantique, à Nort-sur-Erdre, Nicolas Favry n’a pas commencé ses semis : « Nous venons juste de finir la récolte du maïs grain. De plus, jusqu’à vendredi dernier (le 20 octobre, NDLR), c’était quand même très sec, et c’était un peu tôt par rapport à mes dates de semis. L’an dernier, j’avais commencé autour du 25 octobre. Mais cette semaine, avec la météo pluvieuse (entre 45 et 50 mm de pluie mesurés), on ne va pas s’y mettre. Sauf s’il y a des créneaux de beau temps sans pluie, en fin de semaine. Mais il faut que ça se réessuie un peu avant. On va faire ça par étapes : en commençant par les terres les plus sensibles, en gardant les terres les plus sableuses et les plus séchantes pour la fin, parce qu’on sait que, pour celles-là, même s’il y a des cumuls de pluie, on peut y aller. »

Côté semences, l’exploitant agricole ne met pas tous ses œufs dans le même panier : « Je prends toujours quatre variétés, avec des créneaux de précocité différents, en fonction de la nature de mes sols et selon mes dates de semis. Car je ne ferai pas tout d’un coup. Ça va du très précoce au plus tardif ! D’ailleurs, je dois encore les préparer au semis. »

   

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